Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Que la grâce et la paix de Dieu notre Père et de Jésus-Christ notre Seigneur soient avec vous tous.
Seigneur, aie pitié de nous. Ô Christ, aie pitié de nous. Seigneur, aie pitié de nous.
Il y a, dans le souvenir de Benjamin, une image qui revient comme une évidence, une image qui semble sortir tout droit de la simplicité de la vie qu'il aimait tant. Ce n'est pas l'image du brillant élève, ni celle du jeune expert en informatique, ni même celle du passionné d'aviation qui rêvait de sa propre compagnie, « Con Chim Airlines ». C'est l'image de Ben, un après-midi de juillet, assis sur un banc, observant le ciel avec cette curiosité sans limites, son petit frère Ryan à ses côtés. Il y a, dans cette scène, une telle normalité, une telle douceur, que ce souvenir semble aujourd'hui suspendu dans le temps, comme une photographie qui ne jaunira jamais. Quatre mois ont passé depuis ce treize juin 2026, et je sais que pour vous, Alan, Thao et Ryan, cette absence est une présence qui occupe tout l'espace de votre maison.
Dans la première lecture, saint Paul nous lance un appel vibrant : « Revêtez l'équipement de combat de Dieu, afin de pouvoir tenir face aux manœuvres du diable. » Paul parle de combat, de boucliers, de casques, d'épées. Il nous parle de la réalité de la lutte. Et il est vrai, n'est-ce pas, que la vie ressemble parfois à un champ de bataille ? Il y a des jours où, dès le réveil, le poids de la perte vous tombe dessus comme une pluie de flèches enflammées. Vous savez de quoi je parle. C'est ce moment où le deuil ne demande pas votre permission pour s'inviter, où le silence de la chambre de Ben devient un cri, où l'absence de son « Bonjour, Papa » le matin vous laisse le cœur en miettes. Paul nous dit : « Tenez bon. » Il nous invite à ceindre nos reins de vérité.
La vérité, c'est que la souffrance est un mystère qui nous dépasse. Mais il y a une autre vérité, plus grande encore : Dieu ne vous a jamais abandonnés. Je sais que, dans le creux de la nuit, une voix insidieuse vient parfois murmurer à vos oreilles : « Aurais-je pu faire plus ? Ai-je manqué quelque chose ? » Je vous le dis avec la force de l'Évangile : chassez cette voix. Elle est un mensonge. La maladie n'est jamais une punition, et elle n'est la faute de personne. Lorsque Jésus a croisé l'aveugle-né, il a refusé de chercher un coupable. Il n'a pas pointé du doigt les parents. Il n'a pas pointé du doigt l'enfant. Il a simplement apporté la lumière. Vous avez été pour Benjamin des parents d'un dévouement héroïque, des veilleurs infatigables. Ne vous accusez de rien. Dieu ne vous accuse pas, il vous console. Il ne regarde pas votre vie pour y trouver des failles, il y regarde l'amour que vous avez donné, cet amour qui est plus fort que la mort.
Regardez l'Évangile d'aujourd'hui. Jésus est en route vers Jérusalem. On vient le prévenir : « Hérode veut te tuer. » Mais Jésus ne s'arrête pas. Il ne dévie pas de sa mission. « Il faut que je continue ma route », dit-il. Et puis, il y a ce cri du cœur, ce cri qui me fait penser à vous, à votre désir de protéger Ben, de le garder sous vos ailes : « Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes... combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants, comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous n'avez pas voulu ! »
Vous voyez, le cœur de Dieu est un cœur de mère, un cœur de père qui veut tout rassembler sous ses ailes. Vous avez voulu cela pour Benjamin. Vous avez voulu le protéger, le garder, le couvrir de votre affection. Et aujourd'hui, vous avez l'impression que le ciel est silencieux. Mais ce n'est pas le silence de l'indifférence. C'est le silence de l'accueil. Benjamin est sous les ailes du Seigneur. Il est dans ce « Banquet du Ciel » dont vous parlez avec tant de foi. Il n'est pas loin. Il est dans la maison du Père.
Je pense à ce moment, si révélateur de son âme, où Benjamin a voulu offrir tout le contenu de sa tirelire pour secourir son oncle William. Il n'a pas brisé ce petit coffre, il n'a pas fait de grand discours. Il a simplement fait l'offre. Cet élan, c'est le cœur même de Ben. C'est le cœur de celui qui comprend que tout ce qu'il possède est une grâce à partager. Ce « puits de vie » à Cà Mau, ce Giếng Gioan Baotixita qui porte son nom, est le prolongement de ce geste. Chaque goutte d'eau qui jaillit là-bas, pour désaltérer les plus pauvres, est une prière que Benjamin continue d'adresser au Père en votre nom. Il n'est pas silencieux ; il agit encore à travers vous. Il continue de donner, de protéger, d'aimer.
Ryan, mon garçon, regarde-moi. Ton frère aîné est ton intercesseur. Il n'est pas une ombre, il est une force. Quand tu te sens seul, quand le souvenir de vos jeux, de vos voyages ou de vos rires te serre le cœur, sache que Ben est là, dans le mystère de la communion des saints. Il t'encourage à vivre avec cette même curiosité, cette même audace qui était la sienne. Il est fier de toi. Il est ton frère pour l'éternité, et ce lien est plus fort que la mort. Ne laisse pas la tristesse t'empêcher de grandir, de rêver, de vivre. Ton frère est une partie de ton âme, et cette partie est en sécurité entre les mains de Dieu.
Alan et Thao, la route est abrupte, je ne vous dirai pas le contraire. Mais le Seigneur est avec vous dans cette vallée. Il ne vous demande pas de comprendre le mystère, il vous demande de vous laisser porter. Souvenez-vous de ces rêves, de ces moments où Ben vous apparaît, sain et sauf, souriant. Ce sont des fenêtres ouvertes par Dieu pour vous dire : « Il est bien. Il est chez lui. » Ne vous reprochez rien, ne cherchez pas à refaire le passé. Le Seigneur a accueilli Benjamin au moment exact où son voyage terrestre devait s'achever, et il l'a accueilli dans la plénitude de sa grâce.
Alors, voici ce que vous pouvez emporter aujourd'hui, comme une petite pierre blanche dans votre poche. Quand le chagrin vous surprendra, quand l'absence sera trop lourde à porter, ne luttez pas seul. Dites simplement, dans le secret de votre cœur : « Seigneur, je te confie Ben, et je te confie mon cœur. » C'est assez. C'est le fondement sur lequel vous êtes bâtis. C'est la cuirasse dont parle saint Paul, la foi qui éteint les flèches enflammées. Le Seigneur est là, il marche avec vous, et il vous prépare, au terme du chemin, des retrouvailles où plus personne ne pourra vous séparer. Benjamin vous attend, avec ce sourire qui illumine le ciel, ce sourire qui dit : « Ne t'en fais pas, je vais veiller sur vous. » Continuez à marcher, continuez à aimer, continuez à être cette famille qui, malgré la blessure, reste unie dans l'amour du Christ. Amen.
For the intentions entrusted to Ben on our prayer wall:
Comme nous l’avons appris du Sauveur, et selon son commandement, nous osons dire :
Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal. Amen.
Que le Seigneur vous bénisse et vous garde, qu'il fasse briller sur vous son visage, et qu'il vous donne sa paix. Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.
✝ Que Dieu tout-puissant vous bénisse, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Amen.