Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Que la paix et la protection des anges de Dieu soient avec vous tous, en ce jour où nous célébrons la présence invisible mais bien réelle de ceux qui veillent sur nous.
Seigneur, aie pitié de nous. Ô Christ, aie pitié de nous. Seigneur, aie pitié de nous.
Il y a, dans le livre de Job, ce moment où le ciel se déchire, non pas pour révéler une réponse facile, mais pour manifester une Présence qui dépasse tout entendement humain. Job, accablé par les questions, par la perte, par ce silence qui semble peser des tonnes, entend enfin la voix du Seigneur : « Où étais-tu quand je fondais la terre ? » Ce n'est pas un reproche, c'est un rappel. Dieu invite Job à sortir de son petit périmètre de douleur pour contempler l'immensité de la création. Il lui demande s'il a déjà commandé au matin, s'il connaît les sources de la mer, s'il a vu les portes des ténèbres. Et Job, dans sa sagesse retrouvée, se tait. Il pose la main sur sa bouche. Il comprend que la vie, et même la mort, appartiennent à un mystère si vaste, si profondément tissé par l'Amour, qu'aucune intelligence humaine, aussi brillante soit-elle, ne peut en saisir tous les fils.
Benjamin, notre cher Ben, était un garçon d'une intelligence rare. Vous le savez, Alan, Thao, Ryan : il avait ce don pour la logique, pour les systèmes, pour ces mondes complexes que sont l'informatique et l'ingénierie. Il aimait comprendre comment les choses fonctionnent, comment les avions s'élèvent, comment les réseaux se connectent. Il avait cette curiosité insatiable qui est le propre des esprits brillants. Mais au-delà de cette capacité à décoder le monde, Ben possédait une intuition bien plus profonde : celle du cœur. Il savait que la vie ne se résume pas à ce que l'on peut mesurer ou calculer. Il savait que l'essentiel est invisible, comme ces anges que nous fêtons aujourd'hui, ces messagers qui, comme le dit Jésus, « voient sans cesse la face de mon Père qui est aux cieux ».
Je pense à ce moment où, à 15 ans, Ben a manifesté son désir d'offrir l'intégralité de sa tirelire pour aider son oncle William, alors en grande souffrance. Il n'a pas brisé cette tirelire. Il n'a pas eu besoin de la vider pour prouver sa générosité. Le simple fait qu'il ait voulu donner tout ce qu'il possédait, sans calcul, sans hésitation, est le signe d'une âme qui avait déjà compris le secret du Royaume. C'est cela, devenir comme des enfants. Ce n'est pas rester immature ; c'est retrouver cette confiance absolue, ce don de soi total, cette capacité à s'émerveiller devant la bonté, même au milieu de l'épreuve.
Je sais que, trois mois après son départ, le silence de la maison est parfois insupportable. Je sais que, pour vous, Alan et Thao, la douleur est une compagne quotidienne. Vous vous demandez peut-être si vous avez manqué quelque chose, si vous auriez pu faire plus. Je vous le dis avec une infinie tendresse : déposez ce poids. La maladie, cette épreuve qui a touché Ben, n'est jamais une punition. Elle ne vient pas de vos erreurs, elle ne vient pas d'un manque de vigilance. Jésus, face à l'aveugle-né, a tranché ce débat une fois pour toutes : « Ni lui, ni ses parents n'ont péché. » La souffrance est un mystère qui échappe à notre contrôle, mais elle n'est jamais une accusation de Dieu contre vous. Vous avez été, jusqu'à la dernière seconde, les mains de Dieu pour votre fils. Vous l'avez chéri, vous l'avez porté, vous avez été son ciel sur terre. Dieu ne vous accuse pas ; ne vous accusez pas vous-mêmes.
Regardez Ryan. Ton frère ne t'a pas quitté. Il est présent, non pas comme une ombre, mais comme une lumière qui t'accompagne. Il est fier de toi. Il est fier de la manière dont tu continues à avancer, à grandir, à porter son souvenir dans ton cœur. Ne crains jamais de vivre, de rire, de construire tes propres projets. Ben veut que tu voles haut, avec cette même curiosité qu'il avait pour ses avions, pour son « Con Chim Airlines », pour tout ce qui est beau et grand. Il est ton frère pour l'éternité, et ce lien est plus fort que la mort. Il est ton ange, il veille sur toi, il t'encourage à ne jamais perdre l'espérance.
Dans l'Évangile, Jésus place un enfant au milieu de ses disciples. Il leur dit : « Quiconque accueille un enfant comme celui-ci en mon nom, m'accueille moi-même. » Benjamin a été cet enfant. Il a été, par sa gentillesse, par son sourire, par sa capacité à aimer, la présence même du Christ au milieu de vous. Et cette présence ne s'est pas éteinte. Elle s'est seulement transfigurée. Elle est passée de la fragilité de ce monde à la plénitude de la gloire céleste. Ben est maintenant au Banquet du Ciel, là où il n'y a plus de douleur, plus de larmes, plus de « si seulement ». Il est dans la lumière, là où les anges contemplent la face du Père.
Vous m'avez confié combien Ben aimait les récits de son papa. Il écoutait vos histoires comme si elles étaient réelles, parce qu'il savait que, dans l'amour, tout est réel. Aujourd'hui, c'est Dieu qui vous raconte une histoire, une histoire qui ne finit pas avec la mort, mais qui s'ouvre sur l'éternité. Cette « Con Chim Airlines » dont il rêvait, ce désir de s'élever, est aujourd'hui exaucé. Ben est arrivé à destination. Il est là où tout est réuni, là où il n'y a plus de séparation.
Le puits que vous avez creusé à Cà Mau, cette eau vive qui désaltère les assoiffés au nom de Ben, est le signe que sa vie continue de porter du fruit. C'est cela, la vie éternelle : l'amour qui ne meurt jamais, mais qui se transforme en source pour les autres. Continuez à faire le bien, discrètement, comme vous le faites. Continuez à aimer, même quand c'est difficile. Chaque geste de bonté que vous posez est une manière de tenir la main de Ben, de rester unis à lui.
Le Seigneur ne vous demande pas de comprendre tout le mystère du « pourquoi ». Il vous demande de lui faire confiance. Il vous demande de croire que, même quand le ciel semble silencieux, il est là, dans le creux de votre douleur. Il est le Berger qui, comme le dit le psaume, « incline son oreille » vers votre cri. Il est le rocher sur lequel vous pouvez vous appuyer quand vos propres forces vous abandonnent. Ne cherchez pas à cacher votre tristesse. Apportez-la à Jésus. Il est le médecin des cœurs brisés. Il est celui qui, un jour, essuiera toute larme de vos yeux.
Alors, que pouvez-vous emporter aujourd'hui ? Une seule chose : la certitude que vous êtes aimés. Pas seulement par ceux qui vous entourent, mais par le Père qui a donné son Fils pour nous. Ben est dans ses bras. Et vous, vous êtes dans son cœur. Avancez avec courage, avec cette confiance simple des enfants, et sachez que le ciel est ouvert, et qu'il vous attend. Ben est là, il vous aime, et il intercède pour vous. Il vous attend avec ce sourire que vous connaissez si bien, ce sourire qui était sa signature, ce sourire qui reflétait la joie du Ciel. En attendant ce jour, tenez-vous la main. Soyez doux les uns avec les autres. Pardonnez-vous ce que vous croyez avoir raté, car Dieu, lui, a tout vu et il a tout béni. Vous avez été des parents admirables. Vous avez été un frère exemplaire. Et Ben, lui, est la preuve que l'amour est plus fort que la mort. Amen.
For the intentions entrusted to Ben on our prayer wall:
Comme nous l’avons appris du Sauveur, et selon son commandement, nous osons dire :
Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal. Amen.
Que le Seigneur vous bénisse et vous garde, qu'Il fasse briller sur vous son visage, et qu'Il vous donne sa paix. Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.
✝ Que Dieu tout-puissant vous bénisse, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Amen.