Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Que la grâce et la paix de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ soient avec vous tous.
Seigneur, aie pitié de nous. Ô Christ, aie pitié de nous. Seigneur, aie pitié de nous.
Il y a, dans le souvenir de Benjamin, des images qui ne sont pas des photographies, mais des fenêtres ouvertes sur l'éternité. Je pense à ce moment, simple et pourtant si profond, où Ben, avec ses lunettes et ce sourire qui lui illuminait le visage, se tenait près de son papa, les yeux levés vers le ciel, guettant le passage d'un avion. Ce n'était pas seulement une passion pour l'aviation, pour ces Boeing 737 qu'il admirait tant. C'était une manière d'être au monde : Ben regardait vers le haut. Il cherchait l'horizon, il cherchait le mouvement, il cherchait ce qui permet de s'élever au-dessus des nuages.
Aujourd'hui, deux mois après son retour à la Maison du Père, ce regard vers le haut est peut-être ce dont vous avez le plus besoin. Saint Paul, dans la première lecture, nous parle de la course, de l'athlète qui s'entraîne, qui discipline son corps, qui ne court pas au hasard. Il nous dit : « Courez de manière à remporter le prix. » Benjamin a couru sa course. Il l'a courue avec cette intensité, cette curiosité brillante qui le poussait à coder des applications complexes, à concevoir des jeux, à rêver de cette compagnie aérienne qu'il appelait avec tant de tendresse « Con Chim Airlines ». Il ne courait pas au hasard ; il donnait tout. Il donnait tout dans ses études, tout dans son affection pour son frère Ryan, tout dans ce cœur immense qui, un jour, a voulu offrir ses économies pour soulager son oncle William. Il n'a pas brisé sa tirelire, il ne l'a pas vidée, mais il a fait l'offre. Et dans le langage de Dieu, cette offre est un trésor inaltérable.
Mais je sais que, pour vous, Alan et Thao, la course semble parfois s'être arrêtée brutalement. Le silence de la maison est un poids qui vous accompagne, et le « pourquoi » est une question qui revient, lancinante. Je veux vous dire une vérité qui doit vous libérer de ce poids que vous portez peut-être en secret. Dans le labyrinthe du deuil, il est si facile de se perdre dans les « si » et les « pourquoi ». On se demande si l'on a manqué un signe, si l'on aurait pu faire plus, si l'on est responsable de ce que la vie nous a imposé. Je vous le dis avec la force du Christ : vous n'avez rien manqué. La maladie, cette épreuve qui a traversé la vie de Benjamin, n'est jamais une punition, jamais le résultat d'une faute, jamais une conséquence de ce que vous auriez omis de faire. Jésus, face à la souffrance, a toujours refusé de lier la douleur à la culpabilité humaine. Vous avez été des parents d'une abnégation totale, des guetteurs vigilants, des amours de chaque instant. Dieu ne vous accuse pas, et vous ne devez pas vous accuser vous-mêmes. Laissez tomber cette pierre de culpabilité ; elle est trop lourde, et elle ne vous appartient pas. Vous avez aimé, vous avez donné, vous avez veillé. C'est tout ce que Dieu demande.
Regardez l'Évangile. Jésus nous met en garde contre le jugement : « Pourquoi regardes-tu la paille dans l'œil de ton frère, alors que tu ne remarques pas la poutre qui est dans le tien ? » Parfois, notre propre cœur devient notre juge le plus sévère. Nous voyons nos propres faiblesses, nos propres limites, et nous nous condamnons. Mais Jésus nous invite à la clarté du regard. Il nous demande d'enlever la poutre, c'est-à-dire de laisser sa lumière guérir nos propres blessures intérieures afin que nous puissions voir, enfin, la beauté de ce que nous avons semé. Benjamin, lui, n'avait pas de poutre dans l'œil. Il avait un regard pur, un regard qui voyait la bonté chez les autres. Quand il pensait à son oncle William, il ne voyait pas une maladie, il voyait une souffrance qu'il voulait apaiser. C'était là sa grandeur.
Ryan, mon cher garçon, regarde-moi. Ton frère était ton compagnon, ton confident, ton meilleur ami. Je sais que le vide est immense. Mais Ben est fier de toi. Chaque fois que tu apprends, chaque fois que tu souris, chaque fois que tu te souviens de ces moments de rire, c'est une partie de sa joie qui continue de vivre en toi. Il ne t'a pas quitté. Il est ton ange gardien. Il veut te voir grandir, explorer le monde, vivre tes rêves avec la même passion que lui. Sois heureux, Ryan. C'est le plus beau cadeau que tu puisses faire à ton frère. Il t'aime, et cet amour est une ancre qui te relie à lui pour toujours.
Alan, Thao, votre amour pour Benjamin a trouvé une expression si belle dans ce puits, le « Giếng Gioan Baotixita », qui apporte l'eau vive à ceux qui ont soif. C'est là que réside votre espérance. Votre générosité, faite dans le secret, est le prolongement de ce geste que Ben a esquissé avec sa tirelire. Il n'a pas eu besoin de la briser, car son cœur était déjà totalement donné. Vous, vous avez tout donné pour lui, et ce don est recueilli dans le Cœur de Dieu. Rien de ce qui est semé dans l'amour ne se perd jamais. Votre douleur, aussi déchirante soit-elle, est transformée par le Christ en une semence de vie pour les autres.
Parfois, vous rêvez de lui. Ces moments où il apparaît, fort, souriant, en pleine santé, ne sont pas des illusions. Ce sont des visites de grâce. Ben vous dit, à sa manière : « Je suis là, je suis bien, je veille sur vous. » Il a traversé l'épreuve, il a passé tous les tests, et il est maintenant dans la plénitude de la vie. Il vous attend, non pas dans le passé, mais dans l'éternité qui commence déjà ici-bas. Il est avec saint Carlo Acutis, avec tous ces jeunes qui ont traversé la vie comme des comètes, brûlant d'amour pour le Christ.
Alors, que pouvez-vous emporter avec vous aujourd'hui ? Une chose toute simple. Quand le poids du jour deviendra trop lourd, ne cherchez pas à porter le monde seul. Fermez les yeux, imaginez Jésus, qui a lui aussi connu la tristesse et le deuil, s'approcher de vous et vous dire : « Ne crains pas, je suis avec vous. » Laissez-Le prendre ce qui est brisé en vous. Ne cherchez pas à être forts par vos propres moyens, soyez simplement aimés. Le Seigneur est proche de ceux qui ont le cœur brisé. Il est là, dans le silence de votre maison, dans le souvenir de ce sourire de Ben, dans cette espérance qui ne déçoit jamais. Vous êtes portés, vous êtes aimés, vous êtes chez vous dans le Cœur de Dieu. Ben est en paix, et vous le serez aussi, petit à petit, en vous laissant conduire par Celui qui est le chemin, la vérité et la vie. Il est là, il vous attend, il vous sourit, il est en paix. Et vous, marchez dans la confiance, car rien, absolument rien, ne pourra jamais vous séparer de l'amour de Dieu qui se manifeste dans le Christ Jésus. Amen.
For the intentions entrusted to Ben on our prayer wall:
Comme nous l’avons appris du Sauveur, et selon son commandement, nous osons dire :
Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal. Amen.
Que le Seigneur nous bénisse, nous garde de tout mal et nous conduise à la vie éternelle. Allez dans la paix du Christ.
✝ Que Dieu tout-puissant vous bénisse, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Amen.