Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Que la grâce et la paix de Dieu notre Père et de Jésus-Christ, notre Seigneur, soient avec vous tous.
Seigneur, prends pitié de nous. Ô Christ, prends pitié de nous. Seigneur, prends pitié de nous.
Il y a, dans le quotidien d’une famille, des objets qui semblent ne rien dire, et qui pourtant, murmurent tout. Je pense à ces chaussures laissées près de la porte, à ce clavier d'ordinateur où les doigts agiles de Benjamin Vo ont tracé des lignes de code, ou à ce silence, désormais, qui habite les couloirs de votre maison. Il y a deux mois, ce 13 juin 2026, Benjamin a franchi le seuil de la maison du Père. Et depuis, vous, Alan, Thao, et toi, Ryan, vous vivez dans ce « grand large » de l'absence, cherchant parfois, au milieu de la nuit, une lumière qui ne vacille pas.
Dans la première lecture, Dieu confie à Ézékiel une mission qui peut sembler écrasante : « Je t'ai fait guetteur pour la maison d'Israël. » Être guetteur, c’est être celui qui veille. C’est celui qui, du haut de la tour, scrute l’horizon pour voir venir la tempête ou la lumière. Alan, Thao, vous avez été les guetteurs de Benjamin. Avec une vigilance qui n'a jamais failli, vous avez veillé sur chaque souffle, sur chaque sourire, sur chaque rêve, de ses passions pour l'aviation et ses projets de « Con Chim Airlines » jusqu'à la profondeur de son intelligence mathématique. Vous avez été ses veilleurs, ses protecteurs, ses guides. Et je sais que le poids de cette mission, quand le dénouement n'est pas celui que l'on espérait, peut se transformer en une question lancinante : « Ai-je assez veillé ? Ai-je manqué le signe ? »
Je veux vous dire la vérité, car c’est la seule chose qui soit digne de votre amour : vous n’avez rien manqué. Comme Jésus l’a dit aux disciples devant l’aveugle-né, la maladie, la souffrance, le départ d'un enfant ne sont jamais le fruit d'une faute, d'un manque de vigilance ou d'une erreur de parcours. Ce n'est pas un châtiment, et ce n'est pas la conséquence de ce que vous avez fait ou omis de faire. Vous avez été des parents d'une abnégation totale, d'une présence qui a été, pour Ben, le reflet le plus pur de l'amour de Dieu. Dieu ne vous accuse pas. Il ne vous demande pas de comptes sur ce qui était hors de votre contrôle. Il vous recueille, Lui, le vrai Guetteur, dans ses bras.
Regardez l'Évangile d'aujourd'hui. Jésus nous donne une clé pour vivre ensemble, pour réparer ce qui est brisé : « Si ton frère a commis un péché contre toi, va lui faire des reproches seul à seul. » C'est une invitation à la vérité, mais surtout à la proximité. Jésus nous rappelle que « là où deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis là, au milieu d'eux. »
Benjamin était un garçon qui aimait les systèmes, les structures, la logique. Il aimait comprendre comment les choses s'assemblent, que ce soit dans ses projets GitHub ou dans la complexité d'une infrastructure cloud. Mais il possédait aussi cette âme de poète, ce cœur capable de voir au-delà du code. Vous vous souvenez de cet élan, à douze ans, quand il a voulu offrir tout le contenu de sa tirelire pour aider son oncle William ? Il n'a pas brisé cette tirelire, il n'a pas vidé ses économies, mais il a fait l'offre. Il a tendu la main de son cœur. C’est cela, la vraie sagesse : ce n’est pas de tout contrôler, c’est de tout offrir. Et cette offre, aux yeux de Dieu, est une réalité aussi solide que le roc.
Ryan, mon cher garçon, regarde-moi. Tu as perdu ton frère, ton meilleur ami, ton partenaire de jeux. Je sais que le vide est là. Mais Ben est fier de toi. Chaque fois que tu te lèves, chaque fois que tu apprends, chaque fois que tu souris, tu portes en toi la lumière de ton frère. Il ne t'a pas quitté. Il est ton ange gardien. Il veut te voir vivre, grandir, explorer le monde avec la même curiosité que lui. Sois heureux, Ryan. C'est le plus beau cadeau que tu puisses faire à ton frère. Il t'aime, et cet amour est plus fort que la mort.
Alan, Thao, vous avez semé tant d'amour. Comme ce puits, le « Giếng Gioan Baotixita », qui, en son nom, apporte l'eau vive à ceux qui ont soif, votre amour pour Ben continue de porter du fruit. Le nom de Ben, Đại Dương — « Grand Océan » — est une prophétie : l'amour que vous avez partagé ne s'est pas évaporé, il s'est déversé dans l'océan de la miséricorde divine. Rien n'est perdu. Chaque sourire, chaque moment passé à « spotter » les avions, chaque histoire racontée par son papa, tout est recueilli dans le Cœur de Dieu.
Parfois, vous vous demandez peut-être : « Où est-il ? » Il est là où la logique devient lumière. Il est là où les avions qu'il aimait tant ne sont plus des machines, mais des messagers de la liberté. Il est dans ce « Banquet de l'éternité » dont parlait saint Carlo Acutis, ce jeune qui, comme Ben, a traversé la vie comme une comète de lumière. Il est vivant, il est fort, il est en paix. Et il vous attend. Il vous sourit, avec cette douceur qui était sa marque de fabrique.
Je vous invite à une chose simple cette semaine. Quand la tristesse vous envahira, quand le silence de la maison deviendra trop lourd, ne cherchez pas à la combattre avec des arguments. Fermez les yeux, imaginez Jésus qui, dans le champ de blé, s'approche de vous, pose sa main sur votre épaule, et vous dit : « Je suis le maître de la vie, je suis le maître de ton deuil. Repose-toi en moi. »
Laissez cette parole descendre dans votre cœur. Ne cherchez pas à être forts par vous-mêmes. Soyez simplement aimés. Le Seigneur est proche de ceux qui ont le cœur brisé. Il est proche de vous, maintenant, dans ce silence, dans ce souffle, dans cette espérance qui ne déçoit pas. Ben est là, il vous attend, il vous sourit, il est en paix. Et vous, marchez dans la confiance, car rien, absolument rien, ne pourra jamais vous séparer de l'amour de Dieu qui se manifeste dans le Christ Jésus. Amen.
For the intentions entrusted to Ben on our prayer wall:
Comme nous l’avons appris du Sauveur, et selon son commandement, nous osons dire :
Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal. Amen.
Que le Seigneur nous bénisse, nous garde de tout mal et nous conduise à la vie éternelle. Allez dans la paix du Christ.
✝ Que Dieu tout-puissant vous bénisse, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Amen.