Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Que la paix et la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ soient avec vous tous.
Seigneur, tu nous appelles à la conversion du cœur, prends pitié de nous. Ô Christ, tu nous montres le chemin de l'humilité et du service, prends pitié de nous. Seigneur, tu es notre miséricorde et notre espérance, prends pitié de nous.
Il y a, dans le livre de la Genèse, une image qui revient souvent à l'esprit quand on regarde le ciel : celle d'un homme qui, au milieu de la nuit, lève les yeux et compte les étoiles, essayant de saisir l'immensité de la promesse de Dieu. Benjamin, ce garçon à l'esprit si brillant et à la curiosité sans bornes, aimait cette immensité. Il ne se contentait pas de regarder le ciel ; il voulait comprendre comment les hommes pouvaient y tracer des chemins. Vous vous souvenez de cette passion pour l'aviation ? Ce n'était pas seulement un hobby. C'était le désir d'un garçon qui voulait, à sa manière, relier les mondes, faire exister sa petite « Con Chim Airlines », une compagnie imaginaire portée par le souffle de ses rêves et de ses rires. Il y avait dans son regard, quand il pointait un avion du doigt à l'aéroport, cette même lumière que l'on trouve chez ceux qui savent que la terre n'est pas notre seule demeure.
Mais aujourd'hui, le ciel peut sembler bien vide. Trois mois ont passé depuis ce 13 juin, et pour vous, Alan, Thao, et pour toi, Ryan, le silence de la maison est devenu une présence en soi. Il y a des matins où le réveil est une épreuve, où le vide laissé par Ben est une blessure qui s'ouvre à nouveau, sans prévenir. On se demande alors, comme le peuple d'Israël dans la lecture d'Ézéchiel : « La voie du Seigneur n'est-elle pas équitable ? » On cherche une logique dans ce qui n'en a pas. On se demande pourquoi la vie s'arrête si tôt pour certains, pourquoi ce cœur si généreux, si capable d'empathie — ce garçon qui voulait offrir ses économies pour soulager la souffrance de son oncle — a dû quitter le rivage de notre monde.
Je veux vous dire une chose très simple, mais nécessaire : la culpabilité n'a pas sa place ici. Dans le creux de la douleur, il est si facile de se laisser envahir par le « si seulement ». Si seulement j'avais vu ceci, si seulement nous avions fait cela. Mais écoutez bien la vérité de l’Évangile : la maladie, la souffrance qui a emporté votre fils, n'est jamais une punition, ni le résultat d'un manque de vigilance, ni une faille dans votre amour. Jésus, face à l'aveugle-né, a été clair : « Ni lui, ni ses parents n'ont péché. » La souffrance est un mystère qui échappe à toute logique humaine, à toute planification, à toute maîtrise. Vous n'avez rien manqué. Vous avez été, jusqu'au bout, des parents qui ont aimé, protégé, et chéri. Ne vous accusez pas de ce qui échappait à toute main humaine. Dieu ne vous demande pas de porter ce fardeau, il vous demande de le déposer au pied de sa Croix, là où Ben repose maintenant, en sécurité.
Regardez l'Évangile aujourd'hui. Jésus nous parle de deux fils. L'un dit « non », mais il change d'avis et finit par faire la volonté du père. L'autre dit « oui », avec une politesse apparente, mais il ne bouge pas. Benjamin n'était pas un garçon de grands discours ou de promesses vides. Il était un garçon d'action, de détermination, de cet effort constant qu'il mettait dans ses études, dans ses jeux, dans son sport. Il avait cette intelligence qui ne cherchait pas à briller pour les autres, mais à comprendre, à construire, à être présent. Quand il souriait, quand il riait, quand il partageait un moment avec Ryan, c'était un « oui » authentique à la vie. Il ne cherchait pas la gloire, il cherchait la vérité. Et c'est précisément cette vérité qui, aujourd'hui, le tient dans les bras du Père.
Saint Paul nous dit dans la lettre aux Philippiens : « Ayez en vous les mêmes sentiments qui sont dans le Christ Jésus. » C'est là le secret de la vie de Ben. Il a appris, à sa manière, ce que signifie s'humilier, se faire petit, se mettre au service des autres. Rappelez-vous ce moment où il a voulu offrir sa tirelire. Il ne l'a pas fait pour être vu. Il l'a fait par amour. Ce geste, même inachevé, est une prière parfaite. C'est le reflet de cet amour qui, dans le Christ, se vide de lui-même pour devenir don total. Ben a vécu comme cela. Il a été une offrande. Et aujourd'hui, cette offrande est recueillie par Dieu, qui l'exalte, comme il a exalté son Fils, en lui donnant un nom qui est au-dessus de tout nom.
Vous savez, l'image qui me revient, c'est celle de Ben et de Ryan, ces deux frères, complices, avec leurs lunettes de soleil, partageant ce bonheur simple de l'enfance. C'est cette image-là, celle de la fraternité, qui doit vous porter. Ryan, mon garçon, regarde-moi. Ton frère Ben est ton ange. Il ne t'a pas laissé orphelin de son amour. Il est présent dans chaque souvenir, dans chaque projet que tu entreprendras, dans chaque rêve que tu feras. Ne crains pas de vivre, de rire, d'avancer. La plus belle façon d'honorer Ben, c'est de laisser ta propre vie fleurir. Il est fier de toi. Il t'aime d'un amour qui n'a plus besoin de mots, car il est ancré dans le Cœur de Dieu. Ne te sens jamais coupable de ton bonheur. Ben veut que tu voles haut, comme il aimait regarder les avions voler, avec la liberté des enfants de Dieu.
Alan et Thao, votre amour pour Ben ne s'est pas éteint avec son départ ; il a trouvé un nouveau chemin, discret et vivifiant. C'est cela, la victoire de la résurrection : transformer les larmes en source, faire jaillir l'espérance là où tout semblait aride. Ben continue de faire le bien, il continue d'être ce garçon généreux qui voulait aider son oncle, qui voulait prendre soin des autres. Il est, par sa charité, plus présent que jamais. Ne cherchez pas à étouffer votre douleur, apportez-la à Jésus. Il est celui qui a pleuré devant le tombeau de Lazare. Il connaît le poids de votre croix. Il n'est pas un Dieu lointain. Il est là, dans le silence de votre maison, dans les rêves où Ben vient vous visiter, dans cette attente confiante du Banquet du Ciel.
Le Seigneur ne nous demande pas d'être des héros de la foi, capables de tout comprendre. Il nous demande d'être des enfants, capables de faire confiance. Il nous demande de changer nos cœurs, de passer du « non » de la révolte au « oui » de la confiance. Parfois, ce « oui » est un murmure. Parfois, c'est un cri. Mais Dieu l'entend. Il entend le cri de votre cœur, Alan, Thao, Ryan. Il entend le silence de vos nuits. Et il répond, non pas avec des explications, mais avec sa présence. Il est le Berger qui guide les humbles, comme nous le dit le psaume aujourd'hui. Il est celui qui enseigne son chemin à ceux qui, malgré la douleur, continuent de marcher.
Benjamin était un garçon de lumière. Il ne s'est pas éteint. Il a simplement changé de plan, passant du temps à l'éternité. Il est là-haut, avec saint Carlo Acutis, au banquet de l'éternité, attendant le moment où, dans la lumière du matin sans fin, vous vous retrouverez tous. En attendant, restez proches les uns des autres. Soutenez-vous dans la tendresse de votre amour familial. Ne laissez pas le deuil vous isoler. Parlez de lui, riez de ses bêtises, rappelez-vous ses passions, ses rêves, ses éclats de rire. C'est là que sa vie continue.
Alors, que pouvez-vous emporter aujourd'hui ? Une seule chose : la permission de ne pas être parfaits dans votre deuil. Soyez patients avec vous-mêmes, comme Dieu est patient avec vous. Si vous pleurez, pleurez. Si vous vous sentez perdus, cherchez la main de Jésus. Il est là, il est le médecin qui soigne vos cœurs brisés, il est celui qui vous attend au bout du chemin. Ben vous attend aussi, avec ce sourire qui, un jour, sera la première chose que vous verrez en entrant dans la joie de son Seigneur. En attendant, vivez dans l'espérance, vivez dans la lumière, vivez dans l'amour. Ben est là, il vous aime, et il vous attend. Il ne vous a jamais quittés, il vous précède simplement dans la demeure du Père. Amen.
For the intentions entrusted to Ben on our prayer wall:
Comme nous l’avons appris du Sauveur, et selon son commandement, nous osons dire :
Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal. Amen.
Que le Seigneur vous bénisse et vous garde, qu'il fasse briller sur vous son visage et vous donne sa paix. Allez dans la paix du Christ.
✝ Que Dieu tout-puissant vous bénisse, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Amen.