Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Que la grâce et la paix de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ soient avec vous tous.
Seigneur, aie pitié de nous. Ô Christ, aie pitié de nous. Seigneur, aie pitié de nous.
Il y a, dans les albums de famille que vous feuilletez parfois, une image qui capture quelque chose d’essentiel sur Benjamin. C’est ce cliché où on le voit, assis à une table, plongé dans l’observation d’un détail, peut-être une pièce de technologie ou le schéma d’un avion qu’il étudiait avec cette précision qui n’appartenait qu’à lui. Il n’était pas simplement en train de regarder ; il était en train de comprendre. Il cherchait les connexions, les lignes de force, ce qui fait tenir le monde ensemble. Il avait ce regard d’ingénieur, cette intelligence qui, dès l’enfance, voulait percer les mystères des systèmes, du cloud, de tout ce qui permet aux choses de s’élever et de fonctionner.
Mais aujourd'hui, vous vous tenez devant un mystère qui semble, lui, refuser toute logique. Trois mois ont passé depuis ce 13 juin, et le silence de la maison, l’absence de ce rire qui accompagnait ses discussions sur « Con Chim Airlines », tout cela semble heurter la raison comme une pierre jetée dans une eau calme. Vous regardez le chemin parcouru, et comme les Galates dans la lettre de saint Paul, vous vous demandez peut-être : « Est-ce que tout cela a été en vain ? » Est-ce que l’amour, les soins, les prières, l’immense dévouement que vous avez manifestés pour Ben ont une issue, ou est-ce que la mort a tout effacé ?
Paul est direct avec les Galates : « Ceux qui ont la foi sont bénis avec Abraham, l’homme de la foi. » Il ne parle pas d’une foi qui serait un calcul ou une réussite technique, mais d’une foi qui est un abandon. Il nous dit que le Christ a pris sur lui la malédiction pour que la bénédiction soit étendue à tous. Cette vérité est pour vous, Alan, Thao, Ryan. Elle est pour vous, parents qui portez le poids de ce qui semble être une injustice insupportable. La maladie n’est pas une punition. Elle n’est pas le résultat d’une erreur de votre part. Dieu ne vous demande pas de rendre des comptes sur ce que vous auriez pu mieux faire ou mieux voir. Il vous demande de croire que, dans le Christ, rien de ce que vous avez vécu avec Ben n’est perdu.
Regardez l’Évangile. Jésus est face à ceux qui l’accusent, qui cherchent à diviser, qui veulent le tester. Il répond avec une image puissante : « Quand un homme fort, bien armé, garde son palais, tout ce qu’il possède est en sécurité. Mais si un plus fort que lui survient et triomphe, il lui enlève son armure et distribue ses dépouilles. » Jésus est ce « plus fort ». Il est celui qui, par sa propre traversée de la mort, a brisé les portes du palais des ténèbres. Il est celui qui a récupéré ce que la mort prétendait posséder. Ben n’est pas dans le palais de l’oubli. Il est dans les mains de Celui qui est plus fort que la mort.
Je sais que la culpabilité est une ombre qui rôde. On se demande si on a raté un signe, si on aurait pu protéger Ben davantage. Laissez-moi vous dire ceci, avec toute la tendresse d’un prêtre qui vous voit : vous n’avez rien manqué. Aucun amour n’est stérile. Votre amour pour Benjamin a été la manifestation la plus pure de la présence de Dieu dans sa vie. Il a été aimé, chéri, porté par vous jusqu’au seuil de l’éternité. Et ce qui est reçu dans l’amour ne peut pas être détruit.
Vous vous souvenez de ce moment où, à quinze ans, il a voulu offrir tout le contenu de sa tirelire pour aider son oncle William ? Il n’a pas eu besoin de la briser, de la vider, de compter les pièces. Le geste, l’élan du cœur, l’intention pure, c’était cela l’essentiel. C’est cela que Dieu regarde. Il ne regarde pas le solde de notre compte, il regarde la disposition de notre cœur. Ben avait cette sagesse innée. Il savait que l’amour, c’est avant tout une volonté de donner. Et cet amour-là, il ne meurt pas. Il est inscrit dans le code source de l’éternité.
Ryan, mon garçon, regarde-moi. Ton frère est là. Il n’est pas loin. Il est dans la lumière, là où il n’y a plus de « bugs » à corriger, plus de failles à réparer, plus de souffrance à endurer. Il est fier de toi. Il est fier de la manière dont tu continues à avancer. Ne porte pas le poids de son absence comme une interdiction de vivre. Au contraire, chaque fois que tu poursuis un rêve, chaque fois que tu es bon envers les autres, c’est Ben qui vit à travers toi. Il est ton frère pour l’éternité. Il est ton ange, il veille sur toi, il t’encourage à ne jamais perdre l’espérance.
Alan, Thao, je sais que vous cherchez Ben dans vos rêves. Cette soif de le voir, de lui parler, est une soif sainte. C’est la soif de l’amour qui ne veut pas lâcher prise. Mais rappelez-vous que Dieu est le Dieu des vivants. Le puits que vous avez creusé à Cà Mau, cette eau vive qui désaltère les assoiffés au nom de Ben, est le signe que sa vie continue de porter du fruit. C’est cela, la vie éternelle : l’amour qui ne meurt jamais, mais qui se transforme en source pour les autres. Vous ne faites pas seulement le bien en son nom ; vous prolongez son souffle. Chaque goutte d’eau qui jaillit là-bas est un signe de la vie de Ben qui continue de couler, de nourrir, de consoler.
Le Seigneur ne vous demande pas d’être parfaits. Il ne vous demande pas de ne plus souffrir. Il vous demande de vous tourner vers Lui, comme il l’a fait dans l’Évangile. Il vous demande de déposer vos soucis, vos angoisses, vos « pourquoi » interminables, et de simplement vous laisser regarder par Lui. Il vous aime. Il aime votre douleur, il aime vos larmes, il aime votre fidélité. Il est le Dieu qui connaît tout de nous, qui nous a tissés dans le sein de notre mère. Il connaît Ben mieux que personne, et il le tient dans ses bras, là où aucune maladie, aucune souffrance ne peut l’atteindre.
Alors, que pouvez-vous emporter aujourd’hui ? Une seule chose : la permission d’être faibles, et la certitude d’être aimés. La prochaine fois que vous sentirez l’anxiété monter, que vous sentirez le besoin de « faire » pour combler le vide, arrêtez-vous. Respirez. Dites simplement : « Père, je te confie Ben, et je me confie à toi. » C’est cela, le chemin d’éternité. C’est la confiance que, même dans l’obscurité, nous ne marchons pas seuls. Ben est dans la lumière, et il vous attend. Il vous attend avec ce sourire qui était sa signature, ce sourire qui disait que, malgré tout, la vie est un don. Tenez-vous la main. Soyez doux les uns avec les autres. Pardonnez-vous ce que vous croyez avoir raté, car Dieu, lui, a tout vu et il a tout béni. Vous avez été des parents admirables. Vous avez été un frère exemplaire. Et Ben, lui, est la preuve que l’amour est plus fort que la mort. Amen.
For the intentions entrusted to Ben on our prayer wall:
Comme nous l’avons appris du Sauveur, et selon son commandement, nous osons dire :
Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal. Amen.
Que le Seigneur nous bénisse, nous garde de tout mal et nous conduise à la vie éternelle. Amen.
✝ Que Dieu tout-puissant vous bénisse, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Amen.