Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Que la grâce et la paix de Dieu notre Père et de Jésus-Christ notre Seigneur soient toujours avec vous.
Seigneur, aie pitié de nous. Ô Christ, aie pitié de nous. Seigneur, aie pitié de nous.
Il y a, dans le mystère de cette journée, une image qui s'impose à nous avec une douceur infinie : celle d'un enfant qui, dans la simplicité de son cœur, regarde le monde non pas comme un lieu de calculs, mais comme un terrain de jeu pour l'amour. Je pense à Benjamin Vo. Je pense à ce garçon dont la curiosité était si vaste qu'elle embrassait les cieux, de la complexité des infrastructures cloud aux trajectoires des Boeing 737 qu'il aimait observer avec son père. Mais au-delà de cette intelligence brillante, il y avait en Ben une disposition de l'âme qui ne changeait jamais : cette capacité, presque naturelle, de vouloir tout offrir. Vous souvenez-vous de cette fois, où, sans que personne ne le lui demande, il a voulu offrir tout le contenu de sa tirelire pour aider son oncle William ? Il n'a pas brisé cette tirelire. Il ne l'a pas vidée. Il a simplement fait l'offre. Ce geste, cette intention pure, est une fenêtre ouverte sur ce que saint Paul nous dit aujourd'hui dans sa lettre aux Corinthiens : « L'amour ne cherche pas son intérêt... il endure tout, il croit tout, il espère tout, il supporte tout. »
Paul nous rappelle que, sans l'amour, nous ne sommes rien. Même si nous parlions toutes les langues des hommes et des anges, même si nous avions la connaissance de tous les mystères, sans cette charité qui se donne, nous ne serions qu'une cymbale bruyante. Benjamin avait compris cela. Son intelligence n'était pas un mur pour se protéger ou pour s'élever au-dessus des autres ; c'était un pont. Lorsqu'il parlait de sa compagnie imaginaire, « Con Chim Airlines », avec ce sourire et ce petit rire qui illuminaient son visage, il ne construisait pas seulement des avions ; il construisait une joie qu'il partageait avec ceux qu'il aimait. Il était un garçon qui savait que le plus grand cadeau n'est pas ce que l'on possède, mais ce que l'on est prêt à donner.
Je sais que pour vous, Alan et Thao, et pour toi, Ryan, le silence de la maison est parfois un poids qui semble arrêter le temps. Trois mois ont passé depuis ce 13 juin, et pourtant, le vide est là, présent, tangible. Il y a des matins où le réveil est un assaut, où le souvenir de son sourire, de ses bras autour de son frère, de cette complicité silencieuse que vous partagiez, devient une douleur qui serre la gorge. Je veux vous dire une vérité que le Christ nous confie aujourd'hui : vous n'êtes pas responsables de ce que la vie vous a imposé. Dans le deuil, l'esprit humain est comme un navire sans boussole qui cherche à se reprocher chaque vague, chaque décision, chaque détail. Vous vous demandez si vous avez manqué quelque chose. C'est un mensonge de l'ennemi. Comme Jésus l'a dit à propos de l'aveugle-né : « Ni lui, ni ses parents n'ont péché. » La maladie ne connaît pas la morale, elle ne vous accuse pas, et Dieu ne vous accuse pas. Vous avez été les gardiens de son âme, les témoins de sa lumière. Ne portez pas ce fardeau de culpabilité ; il est inutile, il est lourd, et il n'a pas sa place devant le Seigneur qui vous voit, qui vous aime, et qui vous soutient dans votre marche.
Regardez l'Évangile de Luc. Jésus compare cette génération à des enfants sur la place du marché qui se plaignent que les autres ne dansent pas quand ils jouent de la flûte, ou ne pleurent pas quand ils chantent une complainte. Le monde est souvent ainsi : il exige que nous entrions dans ses jeux, dans ses attentes, dans ses rythmes de tristesse ou de performance. Mais la sagesse, dit Jésus, est justifiée par ses enfants. La vraie sagesse, celle que Ben possédait, ne cherche pas à plaire au monde. Elle cherche à demeurer dans la vérité de l'amour. Ben ne jouait pas au jeu des apparences. Il était authentique. Il était, comme le dit saint Paul, cet enfant qui, en grandissant, ne perd pas la pureté de son regard, mais qui apprend à mettre de côté ce qui est partiel pour embrasser ce qui est parfait : l'amour.
Ryan, mon garçon, regarde-moi. Ton frère Ben est ton ange. Il t'a appris à aimer, à protéger, à rêver. Il ne t'a pas laissé orphelin de son amour. Il est présent dans chaque souvenir, dans chaque rire que tu partages, dans chaque projet que tu entreprendras. Il est fier de toi. Il t'aime d'un amour qui n'a plus besoin de mots, car il est ancré dans le Cœur de Dieu. Ne te sens jamais coupable de vivre, de grandir, de rire. C'est la plus belle prière que tu puisses offrir à Ben : celle de ta propre vie, vécue avec courage. Tu es le porteur de son héritage, de cette curiosité, de cette gentillesse qui était la sienne.
Alan et Thao, votre amour pour Ben continue de couler, comme cette eau vive du puits creusé en son nom au Vietnam. C'est là que se trouve la victoire de la vie sur la mort. Vous avez transformé votre douleur en source. Vous avez pris ce que vous aviez de plus précieux — votre fils — et vous avez permis que son nom devienne synonyme d'espérance pour ceux qui n'ont rien. C'est cela, être chrétien : c'est ne pas laisser la mort avoir le dernier mot, mais forcer la vie à jaillir du rocher. Ben est là, dans chaque goutte d'eau, dans chaque enfant qui boit, dans chaque sourire d'un inconnu soulagé. Il n'est pas enfermé dans un passé, il est actif dans votre charité.
Je sais que vous attendez un signe. Vous avez cherché Ben dans vos rêves, dans le silence, dans les signes de l'aviation qu'il aimait tant. Il est là, il vous enveloppe. Il vous attend, non pas dans le passé, mais dans la plénitude de Dieu. Il est avec saint Corneille et saint Cyprien, ces martyrs qui, comme lui, ont su donner leur vie pour ce qu'ils croyaient être le plus grand bien. Ils sont dans le Banquet du Ciel, partageant cette paix que le monde ne peut ni donner ni reprendre.
Alors, que pouvez-vous emporter aujourd'hui ? Une seule chose : la permission d'être vulnérables. Ne cherchez pas à être des héros de résilience. Soyez simplement des enfants de Dieu qui, comme Ben, osent offrir tout ce qu'ils ont. Si vous pleurez, pleurez. Si vous vous sentez perdus, cherchez la main de Jésus. Il ne vous demande pas d'être forts, Il vous demande d'être à Lui.
Ce soir, en rentrant, regardez le ciel. Pensez à Ben, non pas comme à un garçon parti trop tôt, mais comme à un garçon qui a fini sa course et qui, maintenant, vous attend. Il est votre intercesseur. Il vous aime. Et le Seigneur, qui a partagé la douleur d'une mère au pied de la Croix, partage la vôtre. Il vous tient. Vous n'êtes pas seuls. Vous êtes aimés, infiniment, éternellement. Et cela, rien ne pourra jamais vous l'enlever. Amen.
For the intentions entrusted to Ben on our prayer wall:
Comme nous l’avons appris du Sauveur, et selon son commandement, nous osons dire :
Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal. Amen.
Que le Seigneur nous bénisse, nous garde de tout mal et nous conduise à la vie éternelle. Allez dans la paix du Christ.
✝ Que Dieu tout-puissant vous bénisse, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Amen.