Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Que la grâce et la paix de Dieu notre Père et de Jésus-Christ notre Seigneur soient avec vous tous.
Seigneur, ayez pitié de nous. Ô Christ, ayez pitié de nous. Seigneur, ayez pitié de nous.
Il y a, dans le coin d’un salon, dans le silence d’une chambre qui a gardé les traces de la vie, des objets qui semblent ne rien dire, et qui pourtant, murmurent tout. Je pense à cette petite chose toute simple : une maquette d’avion, un morceau de plastique minutieusement assemblé, ou peut-être ces lignes de code, ces scripts complexes que Benjamin Vo écrivait avec une patience d’orfèvre. Vous vous souvenez, Alan, Thao, Ryan, de cette passion qu’il avait pour l’aviation, de ces moments où il parlait de sa compagnie imaginaire, « Con Chim Airlines », avec ce sourire en coin, ce petit rire qui trahissait une joie pure, une curiosité qui ne s’arrêtait jamais aux apparences. Ben ne construisait pas seulement des modèles réduits ou des applications numériques ; il construisait une manière d’être au monde, une manière de regarder vers le haut, vers l’horizon, vers ce qui permet de s’élever.
Saint Paul, dans la première lecture, nous parle aujourd'hui de la participation. « La coupe de bénédiction que nous bénissons, n’est-elle pas communion au sang du Christ ? Le pain que nous rompons, n’est-il pas communion au corps du Christ ? » Il nous invite à comprendre que notre vie n’est pas une collection d’actes isolés, mais une participation. Nous sommes greffés à quelque chose de plus grand que nous. Benjamin, avec son intelligence brillante, son esprit qui naviguait dans les infrastructures cloud et son cœur capable d’une empathie si précoce, avait compris cela. Il était un garçon qui savait que l’on ne vit pas seul, que l’on ne construit pas sa propre maison sur le sable du hasard, mais sur le roc de l’amour partagé. Quand il a voulu offrir tout le contenu de sa tirelire pour son oncle William, il n’était pas en train de faire un calcul financier ; il était en train de communier à la souffrance de l’autre. Il offrait tout. Ce geste, cette intention, est une pierre de fondation inébranlable.
Je sais que, pour vous, le silence de la maison est parfois un poids qui vous accompagne, et le « pourquoi » est une question qui revient, lancinante, surtout en ces jours où le vide de Benjamin se fait sentir avec une acuité particulière. Je veux vous dire une vérité qui doit vous libérer de ce poids que vous portez peut-être en secret. Dans le labyrinthe du deuil, il est si facile de se perdre dans les « si » et les « pourquoi ». On se demande si l'on a manqué un signe, si l'on aurait pu faire plus, si l'on est responsable de ce que la vie nous a imposé. Je vous le dis avec la force du Christ : vous n'avez rien manqué. La maladie, cette épreuve qui a traversé la vie de Benjamin, n'est jamais une punition, jamais le résultat d'une faute, jamais une conséquence de ce que vous auriez omis de faire. Jésus, face à la souffrance, a toujours refusé de lier la douleur à la culpabilité humaine. Vous avez été des parents d'une abnégation totale, des guetteurs vigilants, des amours de chaque instant. Dieu ne vous accuse pas, et vous ne devez pas vous accuser vous-mêmes. Laissez tomber cette pierre de culpabilité ; elle est trop lourde, et elle ne vous appartient pas. Vous avez aimé, vous avez donné, vous avez veillé. C'est tout ce que Dieu demande.
Regardez l'Évangile. Jésus nous parle de l’arbre et de son fruit. « Un bon arbre ne donne pas de fruits gâtés ; un arbre gâté ne donne pas de bons fruits. » Benjamin était un bon arbre. Sa vie, même courte, a porté des fruits magnifiques : cette gentillesse, cette intelligence, cet amour pour son frère Ryan, cette loyauté envers ses parents, cette capacité à s’émerveiller devant la beauté du monde et la prouesse technique. Ces fruits ne sont pas gâtés par la mort. Ils sont cueillis par Dieu. Ils sont conservés dans le cellier de l’éternité. Jésus nous dit aussi : « Celui qui écoute mes paroles et les met en pratique est semblable à un homme qui a bâti sa maison en creusant profondément et en posant les fondations sur le roc. » Benjamin a bâti sa vie sur ce roc. Ce n’était pas une vie superficielle. C’était une vie ancrée dans la vérité, dans l’honnêteté, dans cette curiosité qui cherche la lumière. Même quand la tempête est arrivée, même quand le fleuve a heurté la maison, ce qui était en lui — cette étincelle divine, ce don de soi — est resté debout. Il n’a pas été détruit ; il a été transformé. Il est passé de la maison terrestre à la demeure céleste.
Ryan, mon cher garçon, regarde-moi. Ton frère était ton compagnon, ton confident, ton meilleur ami. Je sais que le vide est immense. Mais Ben est fier de toi. Chaque fois que tu apprends, chaque fois que tu souris, chaque fois que tu te souviens de ces moments de rire, c’est une partie de sa joie qui continue de vivre en toi. Il ne t’a pas quitté. Il est ton ange gardien. Il veut te voir grandir, explorer le monde, vivre tes rêves avec la même passion que lui. Sois heureux, Ryan. C’est le plus beau cadeau que tu puisses faire à ton frère. Il t’aime, et cet amour est une ancre qui te relie à lui pour toujours. Ne te sens pas obligé de porter la tristesse comme un uniforme. Tu as le droit d’être joyeux, tu as le droit de rire, tu as le droit de construire ton propre avion, ta propre vie, avec Ben dans ton cœur.
Alan, Thao, votre amour pour Benjamin a trouvé une expression si belle dans ce puits, le « Giếng Gioan Baotixita », qui apporte l'eau vive à ceux qui ont soif. C'est là que réside votre espérance. Votre générosité, faite dans le secret, est le prolongement de ce geste que Ben a esquissé avec sa tirelire. Il n'a pas eu besoin de la briser, car son cœur était déjà totalement donné. Vous, vous avez tout donné pour lui, et ce don est recueilli dans le Cœur de Dieu. Rien de ce qui est semé dans l'amour ne se perd jamais. Votre douleur, aussi déchirante soit-elle, est transformée par le Christ en une semence de vie pour les autres. Quand vous aidez quelqu’un, quand vous donnez un peu de votre temps ou de votre cœur, c’est Ben qui agit à travers vous. Il n’est pas loin. Il est dans le geste, il est dans le don.
Parfois, vous rêvez de lui. Ces moments où il apparaît, fort, souriant, en pleine santé, ne sont pas des illusions. Ce sont des visites de grâce. Ben vous dit, à sa manière : « Je suis là, je suis bien, je veille sur vous. » Il a traversé l'épreuve, il a passé tous les tests, et il est maintenant dans la plénitude de la vie. Il vous attend, non pas dans le passé, mais dans l'éternité qui commence déjà ici-bas. Il est avec saint Carlo Acutis, avec tous ces jeunes qui ont traversé la vie comme des comètes, brûlant d'amour pour le Christ.
Alors, que pouvez-vous emporter avec vous aujourd'hui ? Une chose toute simple. Quand le poids du jour deviendra trop lourd, ne cherchez pas à porter le monde seul. Fermez les yeux, imaginez Jésus, qui a lui aussi connu la tristesse et le deuil, s'approcher de vous et vous dire : « Ne crains pas, je suis avec vous. » Laissez-Le prendre ce qui est brisé en vous. Ne cherchez pas à être forts par vos propres moyens, soyez simplement aimés. Le Seigneur est proche de ceux qui ont le cœur brisé. Il est là, dans le silence de votre maison, dans le souvenir de ce sourire de Ben, dans cette espérance qui ne déçoit jamais. Vous êtes portés, vous êtes aimés, vous êtes chez vous dans le Cœur de Dieu. Ben est en paix, et vous le serez aussi, petit à petit, en vous laissant conduire par Celui qui est le chemin, la vérité et la vie. Il est là, il vous attend, il vous sourit, il est en paix. Et vous, marchez dans la confiance, car rien, absolument rien, ne pourra jamais vous séparer de l'amour de Dieu qui se manifeste dans le Christ Jésus. Amen.
For the intentions entrusted to Ben on our prayer wall:
Comme nous l’avons appris du Sauveur, et selon son commandement, nous osons dire :
Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal. Amen.
Que le Seigneur nous bénisse, qu'il nous garde de tout mal et nous conduise à la vie éternelle. Amen.
✝ Que Dieu tout-puissant vous bénisse, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Amen.