Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Que la grâce et la paix de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ soient avec vous tous.
Seigneur, aie pitié de nous. Ô Christ, aie pitié de nous. Seigneur, aie pitié de nous.
Il existe, dans le souvenir de Benjamin, une image qui ne s'efface pas, une scène qui semble suspendue dans la lumière d'un après-midi d'été. C'est celle de Ben, à huit ans, debout sous une immense lanterne rouge, les mains sur les hanches, le regard fixé sur l'objectif avec cette fierté tranquille et ce sourire désarmé qui lui appartenaient en propre. Il y avait en cet enfant, dès son plus jeune âge, une manière d'habiter le monde avec une assurance douce, une curiosité qui ne cherchait pas à dominer, mais à comprendre. Quatre mois ont passé depuis ce treize juin 2026, et pour vous, Alan, Thao et Ryan, cette image est devenue une fenêtre. Ce n'est pas seulement un souvenir de voyage ; c'est le reflet d'une âme qui, très tôt, a su que la vie était une exploration, un chemin tracé sous le regard bienveillant de Dieu.
Regardez saint Paul dans la première lecture. Il écrit aux Philippiens : « J'ai appris à être suffisant en toute situation. » Il ne parle pas d'une autosuffisance orgueilleuse, mais de cette force intérieure que le Christ nous donne quand tout le reste vacille. Paul a connu la faim et l'abondance, le dénuement et la plénitude, et il a découvert ce secret : « Je peux tout en celui qui me donne la force. » Benjamin, avec son esprit brillant, son intelligence qui décodait les systèmes complexes de l'informatique ou la mécanique d'un avion, a lui aussi traversé des temps de fragilité. Et pourtant, il a gardé cette même douceur, ce même sourire. Il n'était pas défini par ses limites, mais par cette lumière intérieure, cette capacité à rester lui-même, profondément bon, profondément aimant, quelle que soit la situation.
Je sais que, dans le silence de vos soirées, la question du « pourquoi » revient parfois comme une lancinante interrogation. On se demande si on a manqué un détail, si un autre chemin aurait pu changer l'issue, si le poids de la responsabilité aurait dû être porté différemment. Je veux vous dire, avec une infinie tendresse, que cette pensée n'est pas de Dieu. Lorsque les disciples demandaient à Jésus qui avait péché pour qu'un homme naisse aveugle, le Seigneur a tranché net : ni lui, ni ses parents. La souffrance n'est jamais une punition, elle n'est jamais le signe d'une défaillance. Vous avez été pour Benjamin des parents d'une fidélité héroïque, des veilleurs qui n'ont jamais quitté son chevet, des guides qui ont tout donné. Vous n'avez rien manqué. Vous n'êtes pas responsables. Dieu ne vous accuse pas, et vous ne devez pas vous accuser vous-mêmes. Laissez tomber ce fardeau, car il est trop lourd, et il ne vous appartient pas. Il n'y a aucune faute dans votre amour, seulement la douleur d'une séparation qui dépasse toute compréhension humaine.
Dans l'Évangile, Jésus nous parle de la confiance dans les « toutes petites choses ». Il dit : « Celui qui est digne de confiance dans les petites choses est aussi digne de confiance dans les grandes. » Benjamin était cet enfant-là. Il était digne de confiance dans les petites choses — dans ce respect qu'il portait à ses parents, dans cette attention qu'il portait à Ryan, dans ce désir pur de vouloir offrir sa tirelire pour secourir son oncle William. Il n'a pas brisé ce coffre, il n'a pas fait de grand geste théâtral, mais il a fait l'offre. Ce geste, c'était le cœur de Ben : un cœur qui, à quinze ans, savait déjà que la vraie richesse ne se trouve pas dans ce qu'on garde, mais dans ce qu'on est prêt à donner par amour. Ce n'était pas un calcul, c'était une disposition de l'âme.
C'est cette même disposition qui continue de porter du fruit aujourd'hui. Ce puits de vie à Cà Mau, ce Giếng Gioan Baotixita qui porte son nom, n'est pas un monument à la mort, mais un monument à sa bonté. Chaque goutte d'eau qui jaillit là-bas, chaque personne qui trouve le rafraîchissement, c'est Benjamin qui continue d'agir, c'est son amour qui continue de circuler dans les veines du monde. Il nous apprend, par-delà le voile, que rien de ce qui est donné par amour ne se perd jamais. Tout est recueilli par Dieu, tout est transformé en éternité. Vous avez semé dans le cœur de votre fils un amour qui est devenu une source vive pour d'autres. C'est là que réside votre consolation : Ben n'est pas seulement un souvenir, il est une présence active, une force de bien qui continue de travailler dans le monde.
Ryan, mon garçon, regarde-moi. Ton frère était ton compagnon, ton complice de jeux, ton partenaire dans ces rêves de « Con Chim Airlines ». Ce lien, cette complicité, ce n'est pas quelque chose qui s'est évaporé. La mort est une frontière, mais elle n'est pas un mur. Benjamin est toujours ton frère, il est toujours là, dans le mystère de la communion des saints où le temps ne compte plus. Quand tu te sens seul, parle-lui. Il est fier de toi, il est fier de l'homme que tu deviens. Il veille sur toi avec cet amour qui ne connaît plus de limites. Ne laisse jamais le silence te faire croire à l'absence. Ton frère est ton intercesseur, ton ange gardien, celui qui t'encourage à continuer de rêver, à continuer d'apprendre, à continuer de vivre pleinement.
Alan et Thao, le chemin est long, je le sais. Il y a des matins où la douleur semble plus lourde que la veille. Mais le Seigneur est votre rocher. Il ne vous demande pas de comprendre le mystère de cette vie qui s'est achevée si vite, car au ciel, il a déjà terminé l'ouvrage. Benjamin est dans la maison du Père, il est dans la lumière, il est dans la plénitude. Il ne souffre plus, il ne craint plus. Il contemple le visage de Dieu, et dans ce visage, il voit tout votre amour pour lui, cet amour qui l'a accompagné jusqu'au bout du monde et jusqu'au seuil de l'éternité. Ce n'est pas un amour perdu, c'est un amour transformé, un amour qui vous lie désormais à l'éternité.
Ne cherchez pas à être des héros de la douleur. Soyez simplement des enfants de Dieu. Quand la peur ou le regret vous assaillent, souvenez-vous de cette image de Ben, souriant, confiant, sous sa lanterne, prêt à explorer le monde. Il est là, dans cette paix. Il vous attend. Et en attendant, il vous demande de vivre, de continuer à bâtir, de continuer à aimer, de ne pas laisser votre cœur se fermer. Chaque acte de bonté que vous faites, chaque geste de service, chaque prière est un pont que vous jetez vers lui. Vous n'êtes pas seuls. Vous êtes portés par la prière de toute l'Église, et par la présence invisible de Benjamin qui, je vous le promets, vous aime plus que jamais.
La vie est un voyage, et parfois, certains d'entre nous arrivent à destination plus tôt que d'autres. Mais le voyage, ce n'est pas la distance parcourue, c'est la qualité de l'amour partagé en chemin. Vous avez donné à Benjamin un amour immense, un amour qui a fait de lui le garçon merveilleux qu'il était. Cet amour est éternel. Il est la seule chose que la mort ne peut pas toucher. Alors, aujourd'hui, je vous invite à faire ce petit pas : quand vous sortirez d'ici, au lieu de regarder le vide, regardez la lumière. Regardez le ciel. Et dites-vous : « Ben est là, il est en sécurité, et il nous attend. » C'est votre promesse. C'est votre espérance. C'est la certitude que, malgré tout, l'amour a déjà gagné. Il vous attend à la table du banquet, là où il n'y a plus de larmes, là où tout est réuni, là où vous serez enfin ensemble, pour toujours, dans l'étreinte du Père qui ne perd aucun de ceux qu'il aime.
For the intentions entrusted to Ben on our prayer wall:
Comme nous l’avons appris du Sauveur, et selon son commandement, nous osons dire :
Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal. Amen.
Que le Seigneur vous bénisse et vous garde, qu'il fasse briller sur vous son visage et vous donne sa paix. Allez dans la paix du Christ.
✝ Que Dieu tout-puissant vous bénisse, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Amen.