Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Que la paix et la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ soient avec vous tous.
Seigneur, aie pitié de nous. Ô Christ, aie pitié de nous. Seigneur, aie pitié de nous.
Il y a des après-midi, dans la vie, où le monde semble soudain se réduire à une seule image, une seule sensation. Pour sainte Thérèse de l'Enfant Jésus, que nous fêtons aujourd'hui, cette image était celle d'une petite fleur, fragile, ballotée par le vent, mais qui, en acceptant sa petitesse, devenait capable de toucher le Cœur même de Dieu. Thérèse n'a pas cherché à accomplir de grands exploits extérieurs ; elle a choisi la « petite voie ». Elle a compris que la sainteté n'est pas une conquête, mais une reddition totale à l'amour.
Benjamin, notre cher Ben, avait lui aussi cette manière de se donner tout entier, sans calcul et sans réserve. Je pense souvent à cette image de lui, tout petit, assis sur le sol, les yeux levés vers son papa, ses petits doigts jouant avec ses orteils, dans une confiance si absolue, si pure. Il ne se posait pas de questions sur le sens du monde ; il était simplement là, présent, dans la joie d'être avec ceux qu'il aimait. C'est cette même confiance que Thérèse nous propose : celle d'un enfant qui sait qu'il est aimé, et qui n'a pas besoin d'autre preuve que la présence de son Père.
Mais je sais, Alan, Thao, Ryan, que depuis ce 13 juin, cette confiance est mise à rude épreuve. Le livre de Job, que nous avons entendu, ne nous propose pas de réponse facile. Job crie : « Pitié pour moi, pitié pour moi, vous mes amis, car la main de Dieu m'a frappé ! » Il connaît cette sensation d'être traqué par le malheur, d'être incompris, d'être seul avec une douleur qui semble dévorer tout l'intérieur. Il y a, dans le deuil, des moments où vous vous sentez comme Job, criant vers un ciel qui semble silencieux. Vous cherchez des explications, des raisons, et vous ne trouvez que ce vide immense.
Je veux vous dire, avec une profonde tendresse, que ce cri est une prière. Dieu n'a pas peur de votre colère, de votre détresse, de votre « pourquoi ». Il préfère vos larmes sincères à vos silences polis. Il est là, dans votre douleur, tout comme il était avec Job. Et il est là, surtout, avec Ben.
Vous portez parfois, dans le secret de vos cœurs, une culpabilité qui vous pèse. Vous vous demandez si vous avez manqué quelque chose, si vous auriez pu faire plus. Mais écoutez la parole de Jésus face à l'aveugle-né dans l'Évangile : « Ni lui, ni ses parents n'ont péché. » La maladie, cette épreuve qui a touché Ben, n'est jamais une punition. Elle ne vient pas de vous. Elle ne vient pas d'un manque de soin, d'un manque de vigilance, ou d'une erreur de parcours. C'est un mystère, une ombre sur le monde, mais elle n'est pas votre faute. Dieu ne vous accuse pas, alors ne vous accusez pas. Vous avez été, jusqu'à la dernière seconde, les mains, les yeux et le cœur de Dieu pour votre fils. Vous avez été son ciel sur terre.
Dans l'Évangile d'aujourd'hui, Jésus envoie ses disciples en mission. Il leur dit : « Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups. » Il ne leur promet pas une route facile. Il leur demande de porter la paix, de dire : « La paix soit avec cette maison. » C'était là la mission de Ben, sans qu'il le sache. Par sa gentillesse, par son intelligence brillante, par ce désir pur d'offrir ses économies pour aider son oncle William, il a été un messager de paix. Il n'a pas eu besoin de briser sa tirelire, de la vider pour prouver sa générosité ; le simple fait qu'il ait voulu donner tout ce qu'il avait, sans hésitation, est le signe d'un cœur qui appartenait déjà au Royaume.
Ryan, mon garçon, ton frère Ben était comme ce disciple envoyé par Jésus. Il portait en lui une lumière qui ne s'éteint pas. Je sais combien tu te sens seul parfois, combien le silence de la maison est lourd. Mais souviens-toi : Ben est ton frère, pour toujours. Il est là, dans chaque souvenir, dans chaque projet que tu construis, dans chaque rêve que tu partages. Il ne t'a pas quitté. Il te regarde, il est fier de toi, et il t'encourage à vivre pleinement, avec la même curiosité et la même audace qu'il avait pour ses projets d'avions, pour ses jeux, pour la vie. Ne crains jamais d'être heureux. Ton bonheur est la plus belle manière d'honorer son souvenir.
Alan, Thao, votre vie est aujourd'hui une traversée. Mais vous n'êtes pas seuls. Regardez cette « Con Chim Airlines » dont Ben aimait tant parler, ce rêve de vol, de connexion, de hauteur. Ben est déjà arrivé à destination. Il est au Banquet du Ciel, là où il n'y a plus de douleur, plus de maladie, plus de « si seulement ». Il est dans la lumière de Dieu, cette lumière que Thérèse a cherchée toute sa vie. Et de là, il vous accompagne.
Le Seigneur vous demande aujourd'hui une chose très simple : de continuer à marcher, un pas après l'autre, en lui faisant confiance, comme Ben le faisait avec vous. Ne cherchez pas à tout porter tout seuls. Déposez vos fardeaux, vos regrets, vos « et si » au pied de la Croix. Ils ne vous appartiennent pas. Laissez Dieu prendre soin de votre cœur.
Le puits que vous avez creusé à Cà Mau, cette eau vive qui désaltère les assoiffés au nom de Ben, est le signe que sa vie continue de porter du fruit. C'est cela, la vie éternelle : l'amour qui ne meurt jamais, mais qui se transforme en source pour les autres. Continuez à faire le bien, discrètement, comme vous le faites. Continuez à aimer, même quand c'est difficile.
Ben est là, il vous aime. Il attend le jour où vous vous retrouverez, où il vous accueillera avec ce sourire que vous connaissez si bien, ce sourire qui était sa signature, ce sourire qui reflétait la joie du Ciel. En attendant, restez unis. Soyez doux les uns avec les autres. Pardonnez-vous ce que vous croyez avoir raté, car Dieu, lui, a tout vu et il a tout béni. Vous avez été des parents admirables. Vous avez été un frère exemplaire. Et Ben, lui, est la preuve que l'amour est plus fort que la mort.
Alors, aujourd'hui, emportez cette certitude : vous êtes aimés. Pas seulement par ceux qui vous entourent, mais par le Père qui a donné son Fils pour nous. Ben est dans ses bras. Et vous, vous êtes dans son cœur. Avancez avec courage, avec cette « petite voie » de la confiance, et sachez que le ciel est ouvert, et qu'il vous attend. Amen.
For the intentions entrusted to Ben on our prayer wall:
Comme nous l’avons appris du Sauveur, et selon son commandement, nous osons dire :
Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal. Amen.
Que le Seigneur nous bénisse, nous garde de tout mal et nous conduise à la vie éternelle. Amen.
✝ Que Dieu tout-puissant vous bénisse, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Amen.