Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Que la grâce et la paix de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ soient avec vous tous.
Seigneur Jésus, envoyé pour guérir les cœurs brisés, prends pitié de nous. Ô Christ, lumière qui brille dans nos ténèbres, prends pitié de nous. Seigneur, toi qui nous promets la vie éternelle, prends pitié de nous.
Il y a, dans le ciel de notre mémoire, des trajectoires qui ne s'effacent jamais. Benjamin, avec cette intelligence vive qui le poussait à explorer les rouages complexes de l'informatique, avait aussi cette passion pour le vol, pour cette liberté immense que représente un avion fendant les nuages. Il aimait observer les décollages, ces moments où une machine, par la force de la poussée et la précision de sa conception, s'arrache à la pesanteur pour s'élever. Il y avait en lui, dans ce désir de créer sa propre compagnie, « Con Chim Airlines », une soif de s'élever vers le haut, vers ce qui est plus grand que nous.
Mais aujourd'hui, quatre mois après ce 13 juin 2026, cette ascension semble s'être arrêtée trop tôt. Alan, Thao, Ryan, vous regardez le ciel, et vous vous demandez pourquoi cette trajectoire si prometteuse a dû changer de dimension si soudainement. Le silence de la maison est parfois si lourd qu'il semble étouffer les rires d'autrefois. Vous cherchez des explications, des raisons, des causes. Vous revoyez les jours passés, les soins prodigués, les veilles à son chevet, et cette ombre insidieuse de la culpabilité tente parfois de s'immiscer : « Ai-je manqué un signe ? Aurais-je pu faire plus ? »
Je vous le dis avec une autorité qui vient de l'Évangile : chassez cette ombre. Elle n'a aucune place dans la lumière de Dieu. La maladie n'est jamais une punition. Elle ne sanctionne jamais un manque de vigilance ou d'amour. Comme Jésus l'a affirmé devant l'homme né aveugle, ce n'est ni la faute de l'enfant, ni celle de ses parents. La souffrance est un mystère qui nous dépasse, mais elle ne porte jamais la signature d'un Dieu vengeur. Vous avez été des parents d'une tendresse infinie, des sentinelles aimantes. Votre amour a été le ciel sous lequel Ben a grandi. Ne laissez personne, et surtout pas vous-mêmes, vous accuser de ce qui était hors de portée humaine. Vous avez tout donné. Et ce don est précieux aux yeux du Père.
Regardez saint Ignace d'Antioche, dont nous faisons mémoire aujourd'hui. Il écrivait, alors qu'il marchait vers son martyre, qu'il était le « froment de Dieu », broyé par les dents des bêtes pour devenir le pain pur du Christ. Il ne cherchait pas la souffrance, mais il a trouvé dans le Christ une espérance si vaste qu'aucune douleur ne pouvait l'anéantir. Saint Paul, dans la première lecture, nous parle de cette même espérance : « Que les yeux de votre cœur soient éclairés, pour que vous sachiez quelle est l'espérance qui s'attache à son appel. »
Les yeux du cœur… C'est là que Ben se trouve. Ce n'est pas avec nos yeux de chair que nous le verrons désormais, mais avec les yeux de la foi, ces yeux qui voient au-delà de la carlingue, au-delà du moteur, au-delà de la finitude de la machine. Ben est passé dans le ciel de Dieu. Il n'est pas un souvenir, il est une présence. Il est comme ce passager qui, ayant atteint sa destination, contemple maintenant le paysage depuis une altitude où la fatigue n'existe plus.
Vous vous souvenez de ce désir de Ben, à quinze ans, d'offrir toutes ses économies pour aider son oncle William ? Il n'a pas eu besoin de briser sa tirelire. Le geste était déjà accompli dans son intention. C'est cela, la « richesse de la gloire » dont parle Paul. Ce n'est pas ce que nous accumulons ici-bas, mais la générosité du cœur qui nous rend semblables au Christ. Ben avait ce cœur-là. Il était déjà, par son élan vers les autres, un habitant du Royaume.
Ryan, mon garçon, regarde-moi. Ton frère n'est pas parti loin. Il est dans la vie même de Dieu. Quand tu te sens seul, quand le vide de sa chambre te semble trop grand, souviens-toi que Ben est ton frère pour l'éternité. Il est celui qui, avec ce sourire qui le caractérisait, t'encourage à continuer de construire, de rêver, d'aimer. Ne retiens pas tes larmes, mais ne laisse pas ton cœur se fermer. La vie est un vol qui continue, même quand on ne voit plus l'avion.
Alan et Thao, la douleur que vous portez est le prix de l'amour immense que vous lui avez porté. Ne cherchez pas à l'anesthésier. Portez-la comme une offrande. Le puits que vous avez creusé à Cà Mau, cette eau vive qui jaillit pour les assoiffés au nom de Ben, est le signe que sa vie continue de couler, de désaltérer, de bénir. Chaque goutte d'eau est une prière. Chaque personne aidée est une extension de la main de Ben. Vous n'êtes pas seuls dans cette traversée. Le Seigneur, qui a relevé le Christ d'entre les morts et l'a fait asseoir à sa droite, est celui qui tient Ben dans ses bras. Et il vous tient vous aussi.
Il n'y a pas de « pourquoi » qui puisse expliquer la perte d'un enfant. Il n'y a qu'une présence : celle de Dieu qui pleure avec vous, qui marche avec vous dans cette vallée, et qui vous promet que le ciel n'est pas un lieu lointain, mais une demeure où nous serons à nouveau réunis.
Alors, que pouvez-vous emporter aujourd'hui ? Une seule chose : la confiance. La prochaine fois que le chagrin vous surprend, ne vous battez pas contre lui. Dites simplement : « Seigneur, je te confie Ben, et je te confie mon cœur. » C'est tout ce qui est demandé. Une petite prière, un souffle, une pensée vers ce ciel où Ben contemple maintenant la gloire de Dieu.
Il vous attend. Il vous sourit. Il est le témoin de votre fidélité. Continuez à vivre pour lui, avec lui, en faisant fructifier cet amour qu'il vous a laissé. Car l'amour ne meurt jamais. Il change simplement de forme, il prend son envol, et il nous attend là où, enfin, nous comprendrons tout. Restez unis, tenez-vous la main, et avancez, un jour après l'autre, dans la paix de Celui qui a vaincu la mort pour toujours. Amen.
For the intentions entrusted to Ben on our prayer wall:
Comme nous l’avons appris du Sauveur, et selon son commandement, nous osons dire :
Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal. Amen.
Que le Seigneur nous bénisse, nous garde de tout mal et nous conduise à la vie éternelle. Amen.
✝ Que Dieu tout-puissant vous bénisse, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Amen.