Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Que la grâce et la paix de notre Seigneur Jésus-Christ, qui a appelé saint Padre Pio à porter les stigmates de son amour, soient avec vous tous.
Seigneur, aie pitié de nous. Ô Christ, aie pitié de nous. Seigneur, aie pitié de nous.
Il y a, dans la vie de saint Padre Pio, une image qui revient comme un fil conducteur : celle de ses mains. Des mains souvent cachées dans ses mitaines, des mains marquées par les plaies du Christ, des mains qui, malgré la souffrance atroce qu'elles contenaient, ne cessaient jamais de bénir, de consoler, de diriger les âmes vers la lumière. Ces mains n'étaient pas des mains de puissance mondaine ; c'étaient des mains offertes, des mains qui avaient accepté de ne rien retenir pour elles-mêmes, afin que tout l'amour de Dieu puisse passer à travers elles.
Je pense à Benjamin. Et je pense à la façon dont, dans sa courte vie, il a lui aussi appris ce langage du don. Vous vous souvenez de cette image, si simple, si ancrée dans la réalité de votre vie de famille ? Ce moment où Ben, à quinze ans, a proposé de donner tout le contenu de sa tirelire pour aider son oncle William, alors que celui-ci traversait l'épreuve de la maladie. Il n'a pas brisé cette tirelire. Il n'a pas fait de grand geste théâtral. Il a simplement offert. Il a dit, avec la pureté d'un cœur qui n'a pas encore appris à calculer : « Tout ce que j'ai est à toi. » C'est là, dans cette disponibilité du cœur, que réside la sainteté de l'enfance. C'est là que Ben rejoint les saints comme Padre Pio : dans cette capacité à donner tout ce qu'il est, sans réserve.
Dans la première lecture, le livre des Proverbes nous met en garde contre la tentation de l'orgueil ou celle du désespoir : « Donne-moi seulement la nourriture qui m'est nécessaire ; de peur que, rassasié, je ne te renie... ou que, dans la misère, je ne vole et ne profane le nom de mon Dieu. » C'est une prière d'équilibre, une prière de confiance absolue. Ben vivait dans cet équilibre. Il était un garçon brillant, curieux, passionné par la technologie, par le code, par ces systèmes complexes qu'il construisait sur GitHub. Il aimait la précision des mathématiques et la majesté des avions, cette « Con Chim Airlines » dont il parlait avec un éclat dans les yeux. Mais jamais cette intelligence ne l'a éloigné de la simplicité. Il restait ce garçon qui, devant une glace, préférait partager un moment de rire avec son frère Ryan plutôt que de se mettre en avant. Il ne cherchait pas à être « plein » de ses propres succès, mais à être « plein » de la présence des siens.
Nous sommes ici, trois mois après son départ. Je sais, Alan, Thao, Ryan, que le silence de la maison est parfois un poids qui semble écraser tout le reste. Il y a des matins où le réveil est un assaut, où la maison semble trop silencieuse, où chaque objet — un ordinateur, une maquette d'avion, un souvenir de voyage — devient un rappel de ce qui n'est plus. Vous portez ce deuil avec une dignité qui me bouleverse, mais je veux vous dire une vérité essentielle : ne vous laissez pas enfermer par la culpabilité. Dans le creux de la douleur, l'esprit humain est tenté de se retourner contre lui-même, de se demander si on a manqué un signe, si on aurait pu faire autrement. C'est un mensonge. Comme Jésus l'a dit à propos de l'aveugle-né, ni l'enfant, ni ses parents n'ont péché. La maladie n'est pas une punition, elle n'est pas le résultat d'un échec, et elle n'est certainement pas votre faute. Dieu ne vous accuse pas. Pourquoi, vous, vous infligeriez-vous ce jugement ? Vous avez été des parents admirables, des gardiens de son âme, des témoins de son amour jusqu'au bout. Déposez ce fardeau. Il est trop lourd pour des épaules qui portent déjà le poids de l'absence.
Regardez maintenant l'Évangile de ce jour. Jésus envoie les Douze. Il leur donne une consigne étrange : « Ne prenez rien pour la route, ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent. » Il leur demande de se dépouiller de tout ce qui pourrait leur donner une fausse sécurité. Il veut qu'ils soient, dans leur pauvreté, des témoins de sa seule présence. Ben a fait ce chemin. Il a appris, dans la fragilité de sa vie, que le plus important n'est pas ce que l'on possède, mais ce que l'on est. Il a été ce témoin de la lumière. Et aujourd'hui, il est arrivé à destination. Il ne lui manque rien. Il est dans la plénitude du Père, là où il n'y a plus de « Con Chim Airlines » à inventer, car il est dans le repos éternel, entouré de ceux qui, comme Padre Pio, ont donné leur vie pour que d'autres puissent vivre.
Ryan, mon garçon, regarde-moi. Ton frère Ben est ton ange. Il ne t'a pas laissé orphelin de son amour. Il est présent dans chaque souvenir, dans chaque projet que tu entreprendras, dans chaque rêve que tu feras. Ne crains pas de vivre, de rire, d'avancer. La plus belle façon d'honorer Ben, c'est de laisser ta propre vie fleurir. Il est fier de toi. Il t'aime d'un amour qui n'a plus besoin de mots, car il est ancré dans le Cœur de Dieu. Ne te sens jamais coupable de ton bonheur. Ben veut que tu voles haut, comme il aimait regarder les avions voler, avec la liberté des enfants de Dieu.
Alan et Thao, votre amour pour Ben ne s'est pas éteint avec son départ ; il a trouvé un nouveau chemin, discret et vivifiant. C'est cela, la victoire de la résurrection : transformer les larmes en source, faire jaillir l'espérance là où tout semblait aride. Ben continue de faire le bien, il continue d'être ce garçon généreux qui voulait aider son oncle, qui voulait prendre soin des autres. Il est, par sa charité, plus présent que jamais. Ne cherchez pas à étouffer votre douleur, apportez-la à Jésus. Il est celui qui a pleuré devant le tombeau de Lazare. Il connaît le poids de votre croix. Il n'est pas un Dieu lointain. Il est là, dans le silence de votre maison, dans les rêves où Ben vient vous visiter, dans cette attente confiante du Banquet du Ciel.
Alors, que pouvez-vous emporter aujourd'hui ? Une seule chose : la permission de ne pas être parfaits dans votre deuil. Vous avez le droit d'être fatigués, d'être tristes, d'être en colère. Dieu vous accueille tels que vous êtes. Il ne vous demande pas d'être forts, il vous demande d'être à Lui. Si vous pleurez, pleurez. Si vous vous sentez perdus, cherchez la main de Jésus. Il est là, dans le silence de votre maison, dans les rêves où Ben vient vous visiter, dans cette attente confiante du Banquet du Ciel. Ben porte désormais cette image céleste, et il vous attend. Il vous attend avec cette même patience et cette même douceur qu'il avait quand il vous regardait avec tant d'amour. Levez les yeux vers le ciel, comme il aimait le faire pour repérer les avions. Il est là-haut, il veille sur vous, il vous aime. Et un jour, la promesse sera tenue : vous vous retrouverez, et cette fois, pour l'éternité. Amen.
For the intentions entrusted to Ben on our prayer wall:
Comme nous l’avons appris du Sauveur, et selon son commandement, nous osons dire :
Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal. Amen.
Que le Seigneur nous bénisse, nous garde de tout mal et nous conduise à la vie éternelle. Amen.
✝ Que Dieu tout-puissant vous bénisse, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Amen.