Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Que la grâce et la paix de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ soient avec vous tous.
Seigneur, aie pitié de nous. Ô Christ, aie pitié de nous. Seigneur, aie pitié de nous.
Il y a, dans le livre de la vie de chaque famille, des objets qui semblent insignifiants, et pourtant, ils portent en eux tout le poids d'une histoire. Je pense aujourd'hui à ce petit geste de Benjamin Vo, ce garçon si brillant, si curieux, qui, à douze ans, a voulu offrir tout le contenu de sa tirelire pour aider son oncle souffrant. Il n'a pas brisé cette tirelire, il n'a pas vidé ses économies, mais il a fait l'offre. Il a tendu la main de son cœur. Et cette offre, aux yeux de Dieu, est une réalité aussi solide que le roc.
Nous sommes ici, deux mois après le départ de Ben, dans ce silence qui habite désormais votre maison, Alan, Thao, et toi, Ryan. C’est un silence qui n’est pas vide, mais qui est habité par des souvenirs, par des éclats de rire, par le souvenir de ses rêves d'aviation, de sa compagnie imaginaire « Con Chim Airlines » qui le faisait tant sourire. Mais il est aussi habité par ce questionnement qui, parfois, vient frapper à la porte de l'esprit : « Pourquoi ? »
Dans la première lecture, saint Paul nous rappelle une vérité fondamentale : « Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? ». Il nous invite à sortir de l’illusion que nous sommes les maîtres absolus de nos vies, de nos destins, ou même de la santé de ceux que nous aimons. Il nous rappelle que tout est grâce. Mais il nous dit aussi, avec une tendresse de père : « Je ne vous écris pas ceci pour vous faire honte, mais pour vous avertir comme mes enfants bien-aimés. »
Je veux vous dire, avec toute la douceur de Dieu, que vous n'avez pas à porter le poids de la culpabilité. Il arrive que, dans l'immense douleur d'un deuil, on se demande si l'on a manqué quelque chose, si l'on aurait pu faire autrement. Je vous le dis au nom du Christ : vous n'avez rien manqué. Comme Jésus l'a affirmé devant l'aveugle-né, la maladie n'est jamais une punition, elle n'est jamais le fruit d'une erreur ou d'un manque de vigilance. Vous avez été des parents d'une abnégation totale, d'une présence constante, d'un amour qui a été, pour Ben, le reflet le plus pur de l'amour de Dieu. Ne vous accusez pas, car Dieu ne vous accuse pas. Il vous console.
Regardez l'Évangile d'aujourd'hui. Les disciples marchent dans les champs, ils ont faim, ils cueillent des épis. Les pharisiens, eux, sont là avec leurs règles, leurs mesures, leurs « logs » de loi. Ils veulent tout enfermer dans des cases, tout justifier par une logique humaine étroite. Mais Jésus, Lui, regarde le cœur. Il regarde la faim de ses disciples et il leur donne la liberté. « Le Fils de l’homme est maître du sabbat. »
Ce que Jésus nous enseigne, c'est que la vie est plus grande que nos systèmes, plus grande que nos calculs. Benjamin était un garçon qui aimait les systèmes, le code, la précision de la logique. Il aimait comprendre comment les choses s'assemblent, de l'infrastructure cloud aux jeux qu'il créait. Mais il possédait cette âme de poète, ce cœur capable de voir au-delà du code, capable de vouloir donner tout ce qu'il possédait pour un autre. C'est cela, la vraie sagesse. Ce n'est pas de tout contrôler, c'est de tout offrir.
Ben est aujourd'hui dans ce repos du sabbat éternel. Il n'est plus limité par le temps, par la fatigue, par la maladie. Il est dans la lumière, là où il n'y a plus de « pourquoi » qui brûle, mais seulement un « parce que » qui rayonne : l'amour infini de Dieu. Il est là, avec cet esprit vif, cette curiosité insatiable, mais désormais comblé par la vision de Celui qui a créé les cieux, les étoiles et les avions qu'il aimait tant observer avec son papa.
Ryan, mon cher garçon, regarde-moi. Tu as perdu ton frère, ton meilleur ami, ton partenaire de jeux. Je sais que le vide est là. Mais Ben est fier de toi. Chaque fois que tu te lèves, chaque fois que tu apprends, chaque fois que tu souris, tu portes en toi la lumière de ton frère. Il ne t'a pas quitté. Il est ton ange gardien. Il veut te voir vivre, grandir, explorer le monde avec la même curiosité que lui. Sois heureux, Ryan. C'est le plus beau cadeau que tu puisses faire à ton frère. Il t'aime, et cet amour est plus fort que la mort.
Alan, Thao, vous avez semé tant d'amour. Comme ce puits, le « Giếng Gioan Baotixita », qui, en son nom, apporte l'eau vive à ceux qui ont soif, votre amour pour Ben continue de porter du fruit. Le nom de Ben, Đại Dương — « Grand Océan » — est une prophétie : l'amour que vous avez partagé ne s'est pas évaporé, il s'est déversé dans l'océan de la miséricorde divine. Rien n'est perdu. Chaque sourire, chaque moment passé à « spotter » les avions, chaque histoire racontée par son papa, tout est recueilli dans le Cœur de Dieu.
Je vous invite à une chose simple cette semaine. Quand la tristesse vous envahira, ne cherchez pas à la combattre avec des arguments. Fermez les yeux, imaginez Jésus qui, dans le champ de blé, s'approche de vous, pose sa main sur votre épaule, et vous dit : « Je suis le maître de la vie, je suis le maître de ton deuil. Repose-toi en moi. »
Laissez cette parole descendre dans votre cœur. Ne cherchez pas à être forts par vous-mêmes. Soyez simplement aimés. Le Seigneur est proche de ceux qui ont le cœur brisé. Il est proche de vous, maintenant, dans ce silence, dans ce souffle, dans cette espérance qui ne déçoit pas. Ben est là, il vous attend, il vous sourit, il est en paix. Et vous, marchez dans la confiance, car rien, absolument rien, ne pourra jamais vous séparer de l'amour de Dieu qui se manifeste dans le Christ Jésus. Amen.
For the intentions entrusted to Ben on our prayer wall:
Comme nous l’avons appris du Sauveur, et selon son commandement, nous osons dire :
Notre Père, qui es aux cieux, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous laisse pas entrer en tentation, mais délivre-nous du Mal. Amen.
Que le Seigneur vous bénisse et vous garde, qu'Il fasse briller sur vous son visage et vous accorde sa paix. Allez dans la paix du Christ.
✝ Que Dieu tout-puissant vous bénisse, le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Amen.